Tcha Limberger

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CD REVIEW – Budapest Gypsy Orchestra – Etudes Tziganes

07.04.2009 – Bura Termett Ido

‘On a découvert le jeune guitariste-violoniste Tcha Limberger (fils de Vivi Limberger, qui fit partie de Waso) au sein de deux des multiples groupes de Koen de Cauter (Romani et Waso 4t). Pour son premier disque en leader (produit par Dave Kelbie pour son label Jazzetal), le jeune musicien manouche hollandais (il a tout juste 30 ans) est à la tête de l’excellent Budapest Gypsy Orchestra. Né dans une célèbre famille de musiciens manouches hollandais, Tcha a été bercé par les disques de Django, bien sûr, mais aussi par ceux du célèbre violoniste tsigane hongrois Toki Horvath; Entouré de Lucacz Csaba, clarinette, Ruszo Istvan, violon, Szegfu Karoly, violoncelle, Olah Norbert, bratsch, Feher Istavan, cymbalum et Csikos Vilmos, contrebasse, tous exceptionnels instrumentistes à la virtuosité stupéfiante, Tcha est tout à fait convaincant dans ces 11 morceaux du folklore hongrois (dont il signe les arrangements), tant sur les sérénades mélancoliques que dans les czardas endiablées aux subtiles nuances. A l’écoute de cette galette enregistrée en public en Angleterre en 2008 (et là ça ne triche pas!), on a du mal à croire que Tcha ne s’est mis au violon qu’à l’âge de 21 ans, tout d’abord par plaisir; ayant pris le virus ce cette musique hongroise romantique et enivrante, Tcha apprend le hongrois, passe 3 ans en Belgique à étudier le violon avec Kallai Zsolt, avant de suivre l’enseignement d’Horvath Bela à Budapest. Dans les notes de pochette, Tcha précise que cette musique mérite d’être réappréciée dans sa forme essentielle, et que pour cette raison, il n’a pas l’intention de créer un nouveau style immédiatement. On retrouve dans cet enregistrement les caractéristiques de cette musique qui conjugue nostalgie et joie débordante, langueur et bondissement, virtuosité et sentiment. ” Le violon parle avec éloquence, frémit, vibre intensément, pleure, rit, passe par tous les climats et nous prend irrésistiblement à témoin de ses joies de ses peines…au second plan, pas à pas, oserais-je dire, les autres cordes suivent, soutiennent avec une gamme tout aussi infinie de nuances…violoncelle et cymbalum sont particulièrement en vedette “; ce texte que Marcel Ondher écrivit dans les années 60 au dos d’une pochette d’un 33 tours de Lajos Boros, s’applique totalement à ce disque de Tcha Limberger et de son Budapest Gypsy Orchestra. Un artiste à suivre de très près donc!’

FRANCIS COUVREUX